L’ONU dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire et de droits humains en Haïti

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La rapport présenté par le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres fait état de la dégradation de la situation en Haïti caractérisée par la gouvernance par décrets du président Moïse, les tensions politiques, l’insécurité persistante, violation des droits de l’homme, etc.

Il s’agit d’un rapport accablant pour le gouvernement haïtien qui oeuvre à faire bonne figure devant l’international. Mais, ce rapport long de 16 pages mis en ligne par le Bureau intégré des Nations-Unies en Haïti mercredi, montre un pays en proie à une crise de gouvernance, de sécurité, et de faim, entre autres.

Des élections dans l’impasse

Les élections non réalisées en Haïti ont provoqué des tensions politiques constantes, a constaté le SG de l’Onu qui a  aussi noté que le président a continué à  gouverner par décrets en l’absence d’un pouvoir législatif opérationnel.

Par ailleurs, il a dit relevé une volonté de certains acteurs pour parvenir à un un consensus, malgré la polarisation persistante de la classe politique.

S’agissant des élections, M. Guterres reconnaît qu’il serait très difficile de créer un environnement politique et des conditions de sécurité suffisamment favorables en surmontant les difficultés logistiques et financières.

L’insécurité s’est aggravée

Aussi, parmi d’autres difficultés majeures signalées par le SG à l’Assemblée générale des Nations Unies c’est la lutte contre la violence de proximité.

L’insécurité s’est aggravée, consent Antonio Guterres, qui dans l’intervalle  a aussi parlé d’une vague d’enlèvements et de plusieurs meurtres impitoyables,  ce qui a exacerbé l’indignation de la population, fait-il remarquer.

La bonne nouvelle, c’est que la Police nationale d’Haïti a vu son budget augmenter considérablement en septembre,  pour la première fois en 13 ans, ce qui a renforcé ses capacités de lutte contre la criminalité, note avec satisfaction le SG.

33 millions de dollars alloués au CSPJ

Autre points positifs selon le Binuh, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire s’est vu allouer un financement de 33 millions de dollars dans le cadre du budget 2020-2021.

À noter que c’est ce même CSPJ qui le 6 février dernier dans une résolution signée par 5 de ses membres avait reconnu la fin du mandat du président Jovenel Moïse le 7 février 2021, selon l’article 134.2 de la constitution.

L’incapacité des autorités à protéger leurs citoyens

En matière des droits de la personne, la situation en Haïti est restée marquée par l’activité des bandes organisées et l’incapacité persistante des autorités de l’État à bien protéger le droit des citoyens à la vie et à la sécurité, se désole l’Onu.

Selon le Binuh, entre le 1er septembre 2020 et le 31 janvier 2021 337 atteintes présumées aux droits humains attribuées à des membres de bandes organisées et à des hommes armés non identifiés ont été recensées.

Ces actes, poursuit le rapport,  ont causé la mort de 63 personnes dont 2 femmes et et 3 garçons. De plus, 44 blessés dont 4 femmes,  ainsi que des viols sur 15 personnes ( toutes des femmes) ont aussi été répertoriés avec aussi 215 enlèvements parmi eux, 32 femmes, 8 garçons, et 9 filles.

Ces chiffres, selon Antonio Guterres, représentent une augmentation de 95.9 % par rapport à la période couverte par le rapport précédent.

La pauvreté touche surtout les jeunes

Plus loin dans ce rapport il est fait mention de la vulnérabilité de groupes, dont la jeunesse, due à l’impact de l’instabilité politique et de la pandémie de Covid-19.

Selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, le produit intérieur brut ( PIB) du pays s’est contracté de 3% en 2020, signale le rapport.

Mais les prévisions affichent une reprise modeste de l’économie cette année, à condition qu’un certain nombre de mesures économiques soient appliquées, prévient-il.

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