Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’inquiète du cas d’Haïti

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Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gutteres, a déclaré, dans un rapport au conseil sécurité qu’« en l’absence d’une réelle avancée dans les efforts en cours pour parvenir à un consensus politique minimum, il peut être difficile de créer les conditions pour que le référendum constitutionnel ainsi que les élections législatives, locales et présidentielles se déroulent dans des conditions techniquement fiables et inclusives… »

Alors que des élections législatives, reportées l’an dernier, doivent se tenir en septembre en Haïti, le même jour que le premier tour de l’élection présidentielle et quelques mois après un référendum constitutionnel programmé en Juin, le Représentant des Nations Unies s’est alarmée, ce 11 Juin devant le Conseil de sécurité, de l’accentuation de la polarisation politique et du rétrécissement de l’espace civique, sur fond de violence des gangs et de détérioration continue de la situation humanitaire.

Dans ce contexte aggravé par la contraction annoncée du PIB national de 3% en 2021, qui risque d’affecter durablement le redressement post-COVID-19, seul un « renouveau démocratique », résultant de la tenue rapide d’élections crédibles et transparentes, peut donner au pays l’occasion de surmonter sa longue crise politique, a souligné M. Antonio Gutteres

« Le 7 juin, en raison de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, le Conseil électoral provisoire a reporté sine die la tenue du référendum constitutionnel. Faute de réelle percée dans les efforts actuellement menés pour parvenir à un consensus politique minimal, il risque d’être difficile de créer les conditions pour que le référendum constitutionnel ainsi que les élections législatives, locales et présidentielle puissent avoir lieu dans des conditions techniquement fiables et inclusives. Alors que de nombreuses parties prenantes ont souligné qu’il était impératif de parvenir à un accord politique pour organiser des élections libres, régulières et transparentes en 2021, les tentatives de médiation, y compris celle faite par une plateforme interreligieuse, n’ont, à ce jour, pas permis de progresser sur la question », a rapporté Antonio Guterres dans son rapport.

S’il n’y a toujours pas de date retenue pour la réalisation du référendum constitutionnel de Jovenel Moïse, il n’en demeure pas moins que le pouvoir est déterminé à changer la Constitution de 1987 alors que pratiquement toutes les forces vives du pays s’y opposent. Dans son rapport devant le Conseil de sécurité cette semaine, Antonio Guterres exhorte les autorités nationales à veiller à ce que « cette réforme ne retarde pas davantage la tenue, en 2021, des scrutins locaux et parlementaires, longtemps différés, ainsi que l’élection présidentielle ».

« Le 7 juin, en raison de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, le Conseil électoral provisoire a reporté sine die la tenue du référendum constitutionnel. Faute de réelle percée dans les efforts actuellement menés pour parvenir à un consensus politique minimal, il risque d’être difficile de créer les conditions pour que le référendum constitutionnel ainsi que les élections législatives, locales et présidentielle puissent avoir lieu dans des conditions techniquement fiables et inclusives. Alors que de nombreuses parties prenantes ont souligné qu’il était impératif de parvenir à un accord politique pour organiser des élections libres, régulières et transparentes en 2021, les tentatives de médiation, y compris celle faite par une plateforme inter-religieuse, n’ont, à ce jour, pas permis de progresser sur la question », a rapporté Antonio Guterres dans son rapport.

M. Guterres a souligné que « certains ont été alarmés par l’autorité considérablement renforcée du président ainsi que par le degré élevé d’immunité dont les présidents et les ministres pouvaient bénéficier après avoir quitté leurs fonctions. Parmi les critiques figurent l’apparent manque de légitimité du texte en l’absence d’accord politique ainsi que la crainte que la commission ait indûment réduit le pouvoir du Parlement, ce qui est actuellement perçu par certains acteurs comme excessif et source d’instabilité.

Antonio Guterres a en outre fait remarquer au Conseil de sécurité que le calendrier des consultations que le Comité consultatif avait prévu de mener par la suite sur le projet de constitution avec les principales parties prenantes (femmes, jeunes, personnes handicapées, dirigeants locaux et religieux, secteur privé, diaspora, syndicats, anciens présidents et premiers ministres) a été gravement retardé. « Des activités ne pouvaient être organisées que dans 3 des 10 régions du pays (départements de l’Ouest, de la Grand Anse et du Centre) », a-t-il souligné.

Le secrétaire général de l’ONU a déclaré que divers groupes de parties prenantes ont lancé des initiatives sporadiques et ad hoc pour organiser des manifestations publiques et en ligne pour discuter du projet de constitution. « Au fil des consultations officielles, la société civile et les personnalités politiques se sont progressivement éloignées du projet, critiquant l’absence de consensus politique et remettant en cause l’indépendance et l’inclusivité du Comité.

Pour finir Antonio Gutteres appelle donc les autorités nationales, les partis politiques et les acteurs de la société civile à faire preuve de la volonté politique requise et à faire passer l’avenir d’Haïti avant leurs intérêts égoïstes. <<Ni actes de violence ou d’incitation à la violence ni les discours de haine ne peuvent être tolérés>>a t’il conclu

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