Élections en Haïti: enjeu de taille

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Le Secrétaire d’État américain, Mike Pompéo, et l’Ambassade des États-Unis en Haïti optent pour que des élections s’organisent dans le pays au mois de janvier de l’année 2021. Le nouveau président élu américain Joe Biden non plus n’est pas contre cette idée des élections qui, pour lui doivent-être organisées « dès que possible ».

De ce côté jusqu’ici rien n’a été fait au niveau du gouvernement. Le Ministre de l’intérieur haïtien Audain Fils Bernadel par ailleurs, prévoit des élections générales au courant de l’année 2021, tandis que pour le Président haïtien Jovenel Moïse, les élections succéderont au référendum constitutionnel.

Alors que les membres du Conseil électoral provisoire n’ont pas encore à ce jour été prêtés serments, et le processus électoral dans l’attente, les réactions tant au niveau national qu’international s’enchaînent autour de l’organisation des prochaines élections en Haïti. Mardi, c’était au tour du Ministre de l’intérieur et des Collectivités territoriales, M. Audain Fils Bernadel, lors de sa participation à une opération nocturne contre l’insécurité, de se lancer sur ce terrain.

Selon lui, les élections pour le renouvellement du personnel politique se tiendront dans le pays en 2021. Et d’ajouter plus loin que ces élections peuvent s’organiser en deux temps. « D’abord, les législatives et ensuite les collectivités territoriales et les présidentielles. » Mais, précise-t-il  » c’est au conseil électoral de décider. Il peut décider de les organiser ensemble. « 

En effet, son intervention est à l’opposé des idées émises par le chef de l’État qui prononce plutôt en faveur d’un changement de constitution suivi des élections.

Des élections qui vont s’organiser dans un climat politique tendu. L’opposition dans sa grande majorité qui ne veut plus entendre parler de ces élections exige au contraire la démission du président ainsi que son premier ministre.

En plus des divergences de points de vues sur les élections, il y a aussi le phénomène de l’insécurité. Véritable cancer pour le pays, il ne passe presque un jour sans qu’il n’y ait pas au moins un mort déclaré des suites d’une action d’un ou de plusieurs bandits à la capitale ou dans les villes de provinces. La PNH, minée par des conflits internes, est carrément dépassée par les événements. Les citoyens sont livrés à eux-mêmes.

Parler des élections en Haïti c’est comme en fait entrer en discussion avec le diable. C’est toujours un dialogue de sourd qui s’annonce entre les acteurs, l’international inclus, et chacun essaie de tirer son épingle du jeu. Le seul perdant, le peuple. Pourtant, l’alternance politique reste une nécessité pour le pays, néanmoins cela doit se faire dans de bonnes conditions. Ce qui au vu de beaucoup n’est pas le cas actuellement.

À l’exemple des États-Unis, le monde entier a pu remarquer ces derniers jours comment ce grand pays a failli basculé dans la violence à cause de l’entêtement du président Donald Trump qui, refuse de reconnaître sa défaite face à son rival démocrate Joe Biden. Prétextant que les élections organisées le 3 novembre ont été émaillées de fraudes au bénéfice de Biden. Mais quoique il pense et à la faveur des évènements il est obligé mardi d’autoriser le processus de transition vers une administration Biden.

De même, acteurs nationaux et internationaux doivent tout faire pour éviter au pays une catastrophe de plus avec les élections en vue. Le pays n’a besoin d’une autre crise.

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