Dialogue-Inter-Haïtiens: L’Église Catholique s’offre une nouvelle fois comme médiateur

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Le cardinal Chibly Langlois a annoncé lors de la 133è assemblée ordinaire des Évêques haïtiens à La Chapelle Ste-Marie, que la Conférence Épiscopale d’Haiti (CEH) est prête à jouer le rôle de médiateur en vue de palier à la crise qui secoue le pays.

Lors d’une conférence de presse ce vendredi 27 Novembre, la Conférence Épiscopale d’Haiti (CEH) dénonce l’aggravation du climat d’insécurité que connaît le pays depuis plusieurs mois, et croit que le pays est à bout, qu’il faut trouver la bonne décision pouvant sortir le pays de ce marasme.

Pour ce faire la CEH se propose comme médiateur d’un dialogue franc et sincère des acteurs et leur sens de sacrifice pour la nation. « Ne vous laissez pas voler votre espérance » message du Pape François, interpréter par monseigneur Desinord Jean pour ses fidèles et les dirigeants de ce pays.

« Aujourd’hui, notre chère Haïti a plus que jamais besoin de salut, de rédemption, de paix, de transformation en profondeur : transformation des mentalités, des structures, de la manière de gouverner et de faire de la politique. Depuis juillet 2018, nous ne cessons de demander aux protagonistes de tous les secteurs de la vie nationale de se ressaisir.

Au cours de cette année 2020, nous avons aussi dénoncé les dérives de l’exécutif qui, à travers certains décrets, provoquent une inquiétude grandissante », ont déclaré les évêques catholiques d’Haïti. Qui se sentent aussi affectés par « L’aggravation de la situation dans le pays, qui s’enfonce chaque jour davantage dans la violence, la misère et l’insalubrité » et « une prolifération des actes de kidnapping, de banditisme, de viols, d’assassinats et de barbarie qui sèment la terreur, la mort et le deuil. »

Cependant, la CEH croît en la nécessité d’avoir une « entente nationale interhaitienne pour refonder la nation », toutefois la formule pour tisser cette entente reste à savoir. Toutefois rappelons que, la CEH en 2014 a déjà été le médiateur d’un dialogue national entre le président Michel Joseph Martelly et des acteurs politiques du pays.

Cette initiative a attiré la fureur des politiciens qui ont dénoncé l’hypocrisie de la CEH, qui n’avait jamais pris de position formelle pour les principes démocratiques et contre les violations répétées de la constitution et des lois du pays, par Michel Martelly.

Aujourd’hui le contraire vu que, tel un cri du cœur au milieu d’un sermon, les évêques grondent : « Nous crions et répétons de toutes nos forces, avec tout le peuple haïtien exaspéré et exténué : non au chaos ! Non à la violence ! Non à l’insécurité ! Non à la misère ! Nous en avons assez ! Le peuple haïtien en a marre ! Trop c’est trop ! Quant à vous qui commettez de tels actes ainsi qu’à ceux qui vous soutiennent, nous demandons, au nom du Dieu de la vie : arrêtez ! Vos actes sont réprouvés par tout le peuple haïtien, cela ne vous conduira nulle part ».

Néanmoins, l’église catholique assure que les conditions seront beaucoup plus strictes qu’en 2014 où, à l’instigation du Cardinal Chibly Langlois, alors président de la CEH, les acteurs politiques avaient signé l’accord politique « El Rancho ».

Il ne sera pas question qu’elle soit dupée par des « jusqu’au-boutistes » « La CEH peut jouer un rôle dans les initiatives nationales qui veulent rassembler les forces vives du pays afin de dégager un consensus pour remettre les institutions en place et redonner confiance au peuple mais à certaines conditions.

Il est possible de trouver ce consensus même si les acteurs veulent souvent rester sur la corde raide. Avant de nous engager à jouer un rôle de médiateur, nous allons être vigilants en nous assurant de la sincérité des acteurs dans la mesure où ils ne veulent pas utiliser les institutions comme ascenseur pour arriver à leurs fins.

Nous avons nos critères pour juger de leur sincérité, autrement nous n’allons pas participer », a déclaré le cardinal Langlois qui dit espérer fortement qu’il y ait un dialogue entre les protagonistes qui ont fait capoté l’accord.

Signalons que, en 2014 lors de cette pareille initiative, l’ex sénateur Moïse Jean Charles, avait répété sur Magik9 que « L’Eglise catholique, a été instrumentalisée par la communauté internationale qui veut mater le mouvement de l’opposition et tenir le pays en otage.

Il pense que ces négociations vont permettre à Michel Martelly de gagner du temps et de terminer son mandat. » A quoi faut-il nous s’attendre si toutefois l’opposition decident de participer à ce dialogue? Car selon « l’OPL et toutes les entités de la Direction politique de l’opposition démocratique se sont toujours inscrites dans une démarche de dialogue, et c’est pour cette raison que la structure a été créée », précise le membre de l’OPL qui ajoute que la Direction politique de l’opposition démocratique est actuellement en concertation avec toutes les autres structures de l’opposition afin de trouver un accord sur une proposition de sortie de crise “avec ou sans Jovenel Moïse, avec ou sans PHTK”, a-t-il lâché.

Or cette démarche de dialogue dont parle la direction politique de l’opposition démocratique, n’est pas de négocier une quelconque partage de pouvoir avec le pouvoir en place mais de préparer le départ de Jovenel Moïse et une possible transition au 7 février 2021.

Alors que l’administration Jovenel Moïse reste accroché à la durée du mandat de Jovenel Moïse pour 7 Février 2022. Déjà les intérêts sont différents, même si le dialogue de la CEH veut que les acteurs soient d’abord en faveur de la république d’Haiti.

Wallace Elie
Communicateur Social /Journaliste.

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