Décès de Dieudonné Fardin, grande figure de la littérature haïtienne

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Dimanche 4 juillet 2021 marque le départ d’un grand homme de la littérature haïtienne, un homme de lettres, un homme de foi. Louis Marie Benoit Pierre connu sous son nom de plume – non choisi au hasard – Dieudonné Fardin, fondateur de la revue: « Le Petit Samedi Soir », invité d’honneur à livres en folies en 2018, est mort ce dimanche.

Cet originaire de Saint Louis du Nord a vu le jour le 18 novembre 1936. Tôt dans sa vie, il s’attacha à l’écriture et a fait de sa plume et de sa conviction le credo de son parcours. Professeur, éditeur, journaliste, Dieudonné Fardin fut cette âme bien née dont la valeur n’a point attendu le nombre des années.

Après le « mouvement de la régénération du Nord-Ouest d’Haïti » qu’il créa avec ses contemporains pour faire progresser son département d’origine qui alors était en proie à la misère tant de pain que de cerveau, il fonda aussi « le petit samedi soir » qui mettait en exergue les plus belles plumes de l’époque.

A son entrée dans la capitale en 1964, il fréquenta la Faculté de Droit et des Sciences Economiques qu’il laissa tomber par la suite, ainsi que la Faculté d’Ethnologie. Tout en continuant à exercer son métier de professeur, il donna son nom aux Editions Fardin qu’il a vu naître sous le fruit de ses maigres travaux et revenus et partit ensuite faire des études en planification de l’éducation en Belgique. Là, il apprit l’imprimerie parce que cet art ainsi que l’édition l’ont toujours passionné.

L’auteur de « toutes les femmes sont belles », à son retour en Haïti se consacra à son édition. Fardin faisait un travail louable dans le pays, il reproduisait des livres d’or à un prix dérisoire afin de permettre aux jeunes et aux démunis de s’en procurer avec facilité. Quand un livre se vendait à 100 gourdes ailleurs, les Editions Fardin le donnait à 6 ou 7 gourdes. Son objectif premier n’étant donc pas de s’enrichir mais plutôt d’aider les autres à rencontrer la connaissance par les livres. Fardin fut un homme de manuel, un touche à tout de génie ou tout simplement un franc travailleur.

A côté de l’écriture, il a touché à l’ébénisterie, la couture, la mécanique (son père était mécanicien et un chauffeur remarquable à Port-de-Paix). Fardin a connu comme tout grand homme l’échec, il a aussi connu l’exil après que sa maison d’édition, sa voiture et sa demeure personnelle aient été vandalisées par « dechoukay ».  Cependant, il n’a cessé de travailler, il nous a fait connaître des grands de la littérature à l’époque où ils avaient besoin de faire connaître et valoir leur talent. Ces œuvres sont innombrables tout comme le travail qu’il a réalisé sa vie durant est incommensurable. Fardin est un monument, un héritage historique que l’on ne saurait oublier. Le Dr Eddy Arnold Jean l’a décrit comme suit: « une bête de somme, un homme qui a vendu son âme aux diables pour faire avancer la cause du livre en Haïti[…] C’est un homme de bon coeur, un valeureux travailleur et un grand intellectuel qui a toujours cru au relèvement de son pays ».

Dieudonné Fardin est une icône littéraire, un homme dont la vie et les travaux inspirent, démarquent et élèvent, sa mort ne saurait donc transcender sa vie et ses oeuvres. Il est de ces hommes éternels.

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